Cossonay – Confinement au Merisier

Il tenait à cœur à la rédaction de vous transmettre les extraits d’un témoignage écrit avec sensibilité par Madame Jeanine Reymond, locataire d’un des logements protégés de la Coopérative PrimaVesta, à Cossonay. Découvrez le récit intéressant de son quotidien bouleversé par la crise sanitaire provoquée par le coronavirus.

A Cossonay, depuis l’été 2018, au fur et à mesure de leurs arrivées, les nouveaux locataires des appartements protégés du Merisier se sont bien installés, ont pris leurs marques. Certains ont retrouvé leurs amis d’enfance ou de jeunesse, d’autres ont créé des liens d’affinité et d’amitié. Chacun s’est adapté à son logement et son environnement. Beaucoup ont profité des cours de gym, de la marche en groupe, de faire de la peinture et de suivre des ateliers mémoire sous la bienveillante attention de Luisa, animatrice référente, qui de surcroît nous régalaient les jeudis de ses petits plats exquis.

Et patatras !
Au début mars, bouleversement, le Conseil fédéral décrète le confinement et la fermeture des établissements publics, coiffeurs, pédicures, instituts de physiothérapie, etc.

Adieu aux randonnées, sorties au restaurant, cinés seniors, concerts et spectacles au Théâtre du Pré-aux-Moines. Plus de repas en commun et, cerise sur le gâteau, suspension des visites de nos enfants et petits-enfants et de leurs étreintes qui font tellement de bien à l’équilibre de chacun !

Une période étrange
Nous avons vécu une période spéciale et innovante durant laquelle chacun d’entre nous a essayé, tant bien que mal, d’accepter cette limitation de liberté en faisant fi de l’angoisse qui nous saisissait inconsciemment à la moindre information alarmante. On nous rabattait les oreilles que « les plus de 65 ans étaient à risque et que les plus de 80 ans avaient beaucoup moins de chance d’en survivre ». Qu’à cela ne tienne, à part un ou deux frondeurs, on a fait très très attention ! On s’est désinfecté ou lavé les mains à en avoir des rougeurs. On s’est distancié au point de monter seul en ascenseur. On a confié notre liste de courses à notre ange gardien Luisa ou aux chevaliers sans peur, familiaux ou délégués par la Commune de Cossonay et des Pharmacies.

Au début, on a regardé avec envie les jeunes joggeurs qui montaient ou descendaient le chemin du Passoir et on s’est contenté de faire des allées et venues dans nos larges couloirs, pendant que les plus agiles faisaient une à dix montées des trois étages d’escaliers. On a cuisiné avec plus ou moins de plaisir. On a mangé seul devant notre assiette, sans grand appétit.

Puis, comme il faisait si beau, les plus mobiles sont sortis seuls ou à deux, prendre l’air dans les alentours. Certains ont instauré la pause-café du matin, limitée à cinq personnes dans la salle communautaire. Ils ont pu partager leurs opinions et surtout décompresser petit à petit en abandonnant ce sujet d’actualité oppressante.

On s’est dit « bonjour, bonsoir », via WhatsApp en s’envoyant de belles photos, de jolis textes et des vidéos rigolotes.

Au fil des conférences d’Alain Berset « aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire », on est arrivé au bout du tunnel. Il était temps !

Tous les résidents ont poussé un « ouf » de soulagement quand Luisa nous a annoncé la timide reprise de la gym et des activités par groupe de cinq, puis la semaine suivante d’un dîner communautaire à dix personnes et enfin le déconfinement interne quasi total dès le début juin.

Chère liberté retrouvée !
Même si cette satanée Covid-19 rôdera encore longtemps, qu’il faille toujours se désinfecter ou se laver minutieusement les mains, porter un masque dans les magasins et chez le coiffeur, garder une distanciation, on est de nouveau autorisé à sortir, aller et venir quand bon nous semble. Oh ! Chère liberté retrouvée, même si pour la plupart d’entre nous arthroses et douleurs nous handicaperont à vie !

La sérénité est revenue en surface pour tout notre mini monde. La tendresse nous a manqué et nous manquera encore tant que nos bisous devront rester virtuels et que nous ne pourrons pas serrer nos proches dans nos bras !

Point positif
A ce jour, aucun des résidents du Merisier n’a été touché par ce virus, même si quelques-uns ont fait de rapides allers et retours en hôpital pour d’autres raisons assez importantes, qui se sont finalement bien terminées.